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Rêvons d’Afrique !

« Barça ou Barsaax », cette expression traduit bien la vision des jeunes sénégalais et africains en général qui prennent les pirogues pour rallier l’Espagne, l’Italie quitte même à y laisser leurs vies. L’émigration irrégulière est un phénomène bien réel et qui gagne de plus en plus les sphères de la société sénégalaise. En effet, dans un pays en voie de développement, classé parmi les 25 pays les plus pauvres au monde, le taux de chômage élevé et surtout le manque notoire d’emplois constituent de véritables maux. Les jeunes et les femmes en sont les premières victimes. Ces jeunes qui doivent assurer des lendemains meilleurs à la nation n’arrivent même pas à se garantir un présent radieux. Désespoir, Désillusion, Angoisse, animent désormais ces jeunes qui ne croient plus en leurs capacités pour réussir, qui voient tous leurs rêves tomber à l’eau, qui assistent à la souffrance de leurs parents pour joindre les deux bouts et qui se voient obligés d’emprunter le chemin sinueux de l’Occident pour espérer voir le bout du tunnel. Ah, l’Occident ! L’eldorado inexistant des jeunes africains. Oui, il faut bien oser le dire car les candidats à l’émigration se voilent beaucoup la face en pensant que malgré les crises socio-économiques que traversent l’Europe, elle sera toujours meilleure que l’Afrique. A cela, il faut ajouter qu’on peine à offrir une alternative aux jeunes dans cette ambiance du ‘partir ou pâtir’. Vous avez beau décrire les difficultés qui attendent les migrants en Europe, si dans leurs propres pays c’est l’impasse vous pouvez être certains qu’ils n’écouteront pas. Car au fond, personne n’aimerait tout quitter pour aller à la quête d’un avenir si hasardeux. Si certains y sont contraints c’est parce qu’ils n’ont pas le choix. Cette situation non pas grave mais gravissime, contraint les jeunes africains à perdre davantage d’espoir et en ne plus croire en eux. Or nous savons tous à quel point la confiance en soi est importante pour l’accomplissement de tout être humain. Cela crée des blocages psychologiques et un sentiment d’infériorité qui font que certains persistent à croire que l’Afrique viendra toujours après l’Occident. Dès lors, il devient difficile de changer la vision de ces derniers et de leur faire rêver d’Afrique. Oui, il faut rêver mais d’Afrique. Car l’Afrique est le continent du futur et il faudrait que les africains soient les premiers à réaliser leurs rêves en Afrique au risque de se retrouver émigrés dans leur propre continent. Les puissances étrangères en sont conscientes et elles investissent en masse en Afrique pendant que les bras qui devraient aider cette vieille mendiante assise sur une mine d’or à se relever et rayonner de ses différentes couleurs ardentes, se ruent vers un semblant d’Eldorado à leurs risques et périls. Jeunes d’Afrique, soyons unis et rêvons tous de voir une Afrique heureuse, une Afrique rayonnante, qui s’affirme et s’affiche parmi les plus grands de ce monde, car « quand une seule personne rêve, ce n’est qu’un rêve. Mais quand plusieurs personnes rêvent de la même chose, c’est le début d’une nouvelle réalité ».

L'Education

« L’éducation est le passeport vers le futur, car demain appartient à ceux qui le préparent aujourd’hui. » disait Malcom X. Une question ! Avons-nous ce passeport ? Force est de constater que notre éducation va de mal en pis. Il est grand temps de faire une analyse de notre système éducatif. Certes l’éducation sénégalaise arrive à former de bons élèves et étudiants car il y a de bons maîtres et professeurs. Néanmoins il y a des imperfections. Le principal problème est le fait qu’on apprenne dans une langue étrangère. Cela nous retarde car il nous faut d’abord apprendre cette langue (le français) avant d’avancer dans nos études. En Tanzanie par exemple, tout le monde s’exprime en Swahili, tout est écrit en Swahili et l’école est bilingue depuis la maternelle. Ce n’est pas par hasard qu’elle est devant le Sénégal. Mais nous n’entrerons pas en profondeur car le professeur Cheikh Anta DIOP a déjà tout dit dans ses ouvrages. Parlons de certains points du programme sénégalais. Au primaire, on enseigne aux enfants « l’esclavage » au CM1 et « la colonisation » au CM2. De ce fait, un complexe d’infériorité vis-à-vis des occidentaux s’installe très tôt en eux. Vous vous demanderez comment. Lorsqu’on dit au petit Abdoulaye que ses ancêtres ont été capturés et vendus par les « toubabs » avec la complicité de certains africains, puis l’esclavage a été aboli et place à la colonisation. Cette dernière qui est enseignée comme un moyen de "civiliser les noirs". N’ayant pas une certaine capacité de discernement, Abdoulaye peut se dire que les blancs sont supérieurs aux noirs et que ces derniers sont des traitres car certains d’entre eux ont été complices. Alors qu’il y a partout des gens fidèles et des traites 1 . Avec la colonisation, il se dira que l’Afrique n’avait pas de civilisation et elle a donc été civilisée par les colonisateurs alors que l’imminent professeur Cheikh Anta DIOP nous montre à travers ses ouvrages que l’Afrique avait bel et bien une civilisation, antérieure à celle occidentale, à savoir la civilisation égyptienne. Certes il faut enseigner ces faits historiques, à savoir « l’esclavage » et « la colonisation », aux jeunes mais pas au primaire, pourquoi pas en 4 ième et en 3 ième ? De ce fait, au primaire, on les incitera déjà à croire en eux, en leur continent et en 4 ième /3 ième ils seront déjà assez matures pour analyser ces deux faits historiques sans avoir de complexe. Au lycée, il n’y a pas de leçons qui parlent de Thiaroye 44, de l’imminent professeur Cheikh Anta DIOP, de Mamadou DIA qui est le père des indépendances du Sénégal 2 , de Nelson MANDELA et l’Apartheid, de Thomas SANKARA. Quelques petits paragraphes sont réservés aux résistants pacifiques comme Cheikh Ahmadou BAMBA ou El Hadji Malick SY qui, au-delà de l’aspect religieux, sont des temples du savoir. Mais par contre on apprend aux jeunes africains l’histoire de la Chine, les guerres mondiales, le conflit Israélo-Palestiniens. Certes nous devons connaitre ces faits historiques mais avant tout cela, il faut que nous connaissions notre propre histoire. Ce n’est pas par hasard que Thomas SANKARA disait : « Il faut que l’école nouvelle et l’enseignement nouveau concourent à la naissance de patriotes et non d’apatrides ». L’Université Cheikh Anta DIOP ou l’université sans Cheikh Anta DIOP ? Saviez- vous que les recherches de Cheikh Anta DIOP ne sont pas enseignées dans cette université ? Une pétition signée par 50.000 personnes a été remise au gouvernement sénégalais en 2016 pour l’enseignement de la pensée de Cheikh Anta DIOP, malheureusement elle a été tout bonnement gardée dans les tiroirs. Cheikh Anta DIOP est l’un des plus grands savants du XX ième siècle. Il a énormément contribué à la réhabilitation de la conscience historique Afrique, en montrant que la civilisation égyptienne est antérieure à celle de la Grèce. Il a écrit les ouvrages suivants : "Nations nègres et culture", "Les fondements économiques et culturels d’un Etat fédéral d’Afrique Noire", "Civilisation ou barbarie", "L’unité culturelle de l’Afrique noire", "Nomade", "L’Afrique noire précoloniale", "Alerte sous les tropiques", "Antériorité des civilisations nègres. Mythe ou vérité historique". Comment le plus grand savant que l’Afrique ait connu au XX ième siècle peut-il ne pas être enseigné dans son propre pays ? Cheikh Anta DIOP est également le premier écologiste africain, il a eu une licence en philosophie, une licence en chimie et beaucoup d’autres diplômes. Nous ne pouvons pas parler de l’UCAD sans parler des grèves. Ah les grèves, grèves des étudiants par-ci, grèves des professeurs par-là. Si aujourd’hui le calendrier scolaire est perturbé, c’est uniquement à cause des grèves. L’Etat doit arrêter de faire des promesses qu’il ne tient pas, aux professeurs. Ces derniers ont le droit d’avoir une retraite descente car ils contribuent à la formation des jeunes du pays. Les autres fonctionnaires n’ont pas plus de mérite qu’eux. Mais ils ne sont pas exempts de tout reproche également. Chaque année ils font la grève mais rien ne change, la logique voudrait qu’on change une méthode lorsqu’elle ne marche pas. Ce sont les élèves et étudiants qui en pâtissent car parfois on retient leurs notes à cause de ces grèves. Les résultats pitoyables au BAC ne doivent pas nous surprendre car beaucoup d’élèves de Terminale ne terminent pas leurs programmes, à la fin ils ne sont pas prêts pour l’examen et logiquement ils échouent. Qu’ont fait ces élèves pour être sacrifiés ? Certains professeurs, pour terminer leurs programmes retardés avec les grèves, mettent une pression quasi insoutenable sur les étudiants. Ces derniers également sont des AS de la grève. Ils brulent des pneus et bloquent les voitures car ils ne reçoivent pas leurs bourses à temps. Certes ils ne doivent pas user de la violence, mais l’Etat les a habitués à casser des bus ou brûler des pneus sur les routes pour obtenir ce qu’ils veulent. Les conditions de vie à l’Université sont inconcevables. Chambres universitaires ou boites de sardines ? Nous voyons des chambres où vivent 8 étudiants, parfois même plus, alors qu’elles étaient prévues pour 2. Il y a des pavillons qui sont déjà construits et qui devraient être fonctionnels pour l’année scolaire 2018/2019. Faire cours dans un amphithéâtre surchargé est devenu une routine aux yeux des étudiants. Une faculté avec 32.000 étudiants alors qu’elle était prévue pour 2.000 étudiants. Il faut noter que des universités sont en construction à l’instar de l’université Amadou Makhtar MBOW de Diamniadio. Malgré ces conditions, certains étudiants essaient tant bien que mal à participer au développement de leurs pays. A l’Ecole Supérieure Polytechnique de Dakar par exemple, nous avons le club ENACTUS ESP qui a eu à réaliser de très grandes choses dernièrement. Ces étudiants ont permis de diminuer le taux de malnutrition d’un village de Ngayène Sabakh de 15 à 4%, de réduire la consommation de bois d’un autre village de Diourbel de 50%. Une case de santé, une maternité, un poste de santé et 10 salles de classe d’une école ont été électrifiés par eux. Et enfin, ils ont fait gagner à deux GIE la somme de 2.641.500 FCFA de revenus cumulés en 2 mois. Au total 5424 vies impactées en 7 mois. Ces réalisations leur ont valu le premier prix du concours ENACTUS Sénégal et le prix d’excellence de la fondation ECOBANK. Au niveau mondial, ils ont été demi-finalistes du concours ENACTUS Monde en Californie. Des jeunes comme eux doivent être encouragés mais au Sénégal il est plus facile de faire la promotion de la médiocrité. La troisième vocation de l’Université est de trouver des solutions pertinentes aux problèmes de la société. Malheureusement nos gouvernements ne le comprennent pas. Nous ne pouvons pas prétendre au développement sans inclure les étudiants. Les Ecoles Supérieures Polytechniques regorgent de nombreux talents, de tels temples du savoir doivent être exploités. Ils peuvent produire énormément de chose à l’instar d’ENACTUS ESP. Il aurait seulement suffi à l’Etat de leurs soumettre des problématiques, de mettre des fonds à leurs dispositions pour leurs déplacements, avec l’aide des professeurs, vous pouvez être sûr que des solutions concrètes seront trouvées. Les plus grandes puissances du monde accordent une importance capitale à leurs universités car ils savent que les meilleures solutions aux problèmes auxquels ils font face peuvent sortir de là-bas.


  1. La preuve, la famille Rothschild qui est juive prêtait ses trains à Hitler pour que celui-ci puisse envoyer des juifs dans les camps de concentration, est-ce une raison pour qu’on dise que les juifs sont des traitres ?
  2. Léopold Sédar SENGHOR n’est le père de l’indépendance du Sénégal car il était contre les indépendances qu’il voulait 25 ans après. Le père de l’indépendance est Mamadou DIA, la preuve, il avait dit à Senghor qu’il était impensable d’attendre 25 ans et c’est lui qui a signé les actes de transfert de compétences en tant que premier ministre avec le président Modibo KEITA et le représentant de la France sous De-Gaulle, Michel Debré.

LE JOB DES SANS JOB

Moi, Je suis jeune. Je suis adulte. Je suis un enfant. Je suis un vieillard. Je suis celui que tu vois tous les matins sans t’en apercevoir. Je vis au quotidien ce que tu ne connais pas, que tu ne comprends pas, juste en bas de chez toi. Je peux être un inconnu, je peux être le plus connu de la ville. Je ne compte pas aux yeux de mon pays. Et si tu me demandes pourquoi, je te répondrai que je n’ai jamais eu l’occasion d’avoir un certificat de naissance, prix à payer quand on vient d’une famille illettrée. J’ai un boulot. Oui mais un boulot pas comme les autres. J’attend ceux qui en ont vraiment pour qu’ils me donnent mon salaire. J’ai un salaire journalier. On me paie chaque minute, chaque seconde, bref, on me paie chaque instant. Je ne fais rien pour avoir ce « dû ». Non je ne peux pas. Certes parfois ma condition physique ne me permet pas de pouvoir me débrouiller, mais parfois pour pouvoir exercer mon métier je n’ai un seul alibi, la pauvreté. Ne réfléchissez pas trop, je suis ce célèbre mendiant. Les mendiants font partie du décor de Dakar. Leur nombre et leur agressivité sonnent pour le visiteur étranger comme étant un échec pour les différents gouvernements à lutter contre le phénomène. Pourtant l’assemblée nationale du pays a voté une loi interdisant dans les rues les mendiants de la nourriture et de l’argent auprès des automobilistes et autres usagers de la route. En effet, le code pénal sénégalais interdit, dans son article 245, la mendicité en la considérant comme un « comportement criminel », et prévoit, pour son auteur, une peine d’emprisonnement de 3 à 6 mois. Paradoxalement, malgré l’existence d’une telle loi, il est possible d’apercevoir quotidiennement à Dakar et dans toutes les grandes villes sénégalaises, les mendiants, que l’on appelle à tort ou à raison « Yalwanekat », quémander, en pleine journée, dans les espaces publics, aussi bien dans les marchés, dans les cimetières, au niveau des mosquées, dans les gares routières et ferroviaires, au niveau des stations de service, sur les trottoirs des grandes artères, dans les établissements scolaires, au niveau des feux rouges, au niveau des entrées des banques, au niveau des centres commerciaux, qu’au niveau des grands restaurants. Ce phénomène prend de l’ampleur dans notre cher pays. C’est devenu un vrai travail de nos jours, car, il faut le dire, les sénégalais adorent donner de l’aumône. On va même jusqu’à noter un exode de différentes nationalités (à savoir Bissau Guinéenne ou Malienne) pour venir mendier à Dakar. Mais la vraie question qu’il faut se poser est de savoir si la pauvreté est vraiment une raison pour ne pas travailler et croiser les bras dans la rue, attendant une bonne volonté, pour te nourrir ? Le problème dans nos pays, c’est qu’on voit la pauvreté non pas comme une conséquence mais comme une cause de tous nos maux. Il faut comprendre qu’une cause n’est pas modifiable mais quand on considère un fait réel comme une conséquence alors là on pourra remonter à la cause et pouvoir l’éradiquer. Il ne faut pas que chacun se dise qu’on est pauvre parce que Dieu l’a décidé non. Dis-toi que si tu es pauvre c’est parce que tu l’as accepté. Si tu es né pauvre c’est la volonté divine oui, mais si tu meurs pauvre, tu l’as voulu. L’État du Sénégal lui, semble ne pas avoir trouvé la bonne solution quant à l’éradication de la mendicité. La méthode qu’il semble privilégier est celle répressive, et ce depuis 2010. Et c’est suite aux pressions des bailleurs de fonds occidentaux, particulièrement des États-Unis d’Amérique et du Royaume des Pays-Bas, que l’État, a décidé d’user de la méthode répressive. Mais, nous défendons et avons soutenu, à plusieurs reprises, que les méthodes répressives ne peuvent pas avoir les résultats escomptés. Durant l’époque coloniale, les autorités françaises s’en étaient servi dans l’optique de réformer les daara ou de combattre la mendicité, mais les résultats ont été plus que décevants puisque de nombreux Musulmans continuent à croire qu’arrêter des mendiants, équivaut à s’attaquer ni plus ni moins à l’Islam. L’écoute des émissions interactives peut en attester la preuve. Ignorer cela expose à l’échec des programmes de lutte contre la mendicité. Un autre problème : La loi d’interdiction de la mendicité trouve des contradictions en son sein puisque l’État déclare s’en prendre à la mendicité et non à l’aumône. Or, la mendicité n’est rien d’autre que l’acte de demander ou de recevoir de l’aumône. La raison trouve paradoxal qu’un phénomène soit autorisé et que sa manière de faire soit interdite. Pour dépasser la contradiction du droit et l’être relative à la mendicité que ce soit des enfants talibé ou des adultes et vieillards, nous pensons qu’il est plus pratique d’appliquer la méthode dialectique, c'est-à-dire l’art des raisonnements, ou comme le conçoit Socrate l’art du dialogue, de la discussion, et de la concertation. Nous pensons qu’il est plus pratique d’appliquer la voie d’une convention entre les différents acteurs de l’enseignement coranique, c'est-à-dire entre l’État, les véritables seriñ-daara, les marabouts-confrériques qui s’occupent réellement de l’enseignement coranique, les parents des talibés, les mères et pères de familles désespérés qui sillonnent les rues de Dakar, les ONG crédibles, la société civile, les sociologues etc. Alors, l’État devrait ainsi travailler avec les véritables acteurs et reposer la lutte contre la mendicité sur une approche sociale visant une réglementation et une prise en charge institutionnelle des véritables nécessiteux par une subvention ou un soutien socio-économique ainsi qu’une remontée de morale parce que beaucoup de ces mendiants sont menés par un désespoir notoire qui nécessite des séances de psychanalyse. Car il faut l’accepter la mendicité reste un phénomène qui constitue un frein à l’encontre de notre développement autant socio-culturel qu’économique.